Hier, dimanche, avec d'autres Erasmus, j'ai visité le camp de concentration Oranienburg-Sachsenhausen ("Sachso"). Tout de suite, ça met de bonne humeur ^^'
C'était un camp de travail et pas un camp d'extermination, cependant, il y a eu énormément d'exécutions sommaires et de morts dû aux conditions de travail et de vie. La visite était en anglais, donc j'ai pu tout comprendre (le vocabulaire allemand est tellement spécifique que ce n'est pas évident de saisir, en anglais, il n'y a pas ce problème). C'était très intéressant, même si ce n'était pas particulièrement réjouissant. J'ai pris quelques photos, mais de l'extérieur. Il y avait des bâtiments, avec des reconstitutions des conditions de vie des prisonniers (et la prison en elle-même est d'origine), mais prendre ça en photo est presque vulgaire je trouve.
En revanche, l'extérieur a quelque chose de particulier. Ce sont de grandes étendues avec de l'herbe. C'est très neutre, alors que dans "l'imaginaire" d'aujourd'hui, on associe ces endroits à l'enfer. A raison d'ailleurs, mais l'aspect très neutre du paysage tranche avec les horreurs qui s'y sont passées.
En revanche, l'extérieur a quelque chose de particulier. Ce sont de grandes étendues avec de l'herbe. C'est très neutre, alors que dans "l'imaginaire" d'aujourd'hui, on associe ces endroits à l'enfer. A raison d'ailleurs, mais l'aspect très neutre du paysage tranche avec les horreurs qui s'y sont passées.
Pour donner quelques chiffres, ce camp a été construit en 1936, et jusqu'en 1945, 200 000 personnes y sont passés, 100 000 y ont laissés la vie. C'était le centre de décision, où Himmler installa sont Etat-major. Les nazis ont alors exploités aux maximum les capacités professionnelles de leurs prisonniers pour avoir un équipement de premier ordre. Par exemple, pour ce qui est de la construction des chaussures: les cordonniers fabriquaient eux-même les bottes, et devaient ensuite les porter et courir 40 kilomètres avec pour que les officiers allemands puissent se rendre compte de leur qualité. De même, des personnes travaillant dans la finance ont dû fabriquer de faux billets anglais, le but étant de mettre ensuite ces livre sterling en circulation sur le territoire anglais, et à cause de cette hausse massive de liquidité, provoquer une inflation et saper l'économie. Le gouvernement britannique estime que 12 millions de ces billets ont effectivement été injectés sur le marché monétaire. Bref, le but n'était pas uniquement de tuer les prisonniers, mais vraiment de s'en servir au maximum jusqu'à ce qu'ils n'aient plus d'utilité et qu'on les exécute. Comparativement à d'autre camp, il y a eu assez peu de juifs à Sachsenhausen. On y regroupait surtout les opposants politiques (Léon Blum et Paul Reynaud ont séjourné à Sachsenhausen). Quand les soviétiques ont libérés le camp, en 1945, il resté environ 3 000 prisonniers encore en vie.
2 commentaires:
Maman & Eva :
Ton article sur le camp de travail est effectivement intérréssant.
Au porte de la capitale Allemande, un tel camp nous renvoit aux heures noires de la dernière guerre mondiale. Je me doute que la visite ne laisse pas insensible et j'approuve ta décision de ne pas prendre des photos de l'intérieur de ce camp.
Je ne dirai pas comme toi que c'est vulgaire mais plutôt qu'il s'agit de respecter ainsi la mémoire de ces personnes qui ont perdu leur vie dans de telles conditions.
J'ai toujours pensé que je devais quelque part dans ma vie me rendre dans un camp soit de travail soit de concentration pour commémorer ces inombrables morts.
Sais-tu que Quentin s'est rendu au camp d'Auschwitch (Pologne) dans le cadre d'un travail de mémoire éffectué dans sa classe de 3ème?
Tu te souviens bien sûr que Quentin aime l'histoire (même si proche de nous).
Hello !
Dis-donc, t’es jolie sur la photo, on dirait une pub pour Nivéa. Moi j’ai toujours l’air ridicule avec un bonnet, c’est pas juste ! (heureusement ici je n’ai pas à en porter)
Ça me fait rire car je vais parfois sur quelques blogs iepiens et je trouve qu’on fait vachement dans le culturel, je pense que c’est une malformation étudiante...
Mais tant mieux car ton blog est très intéressant, et très bien écrit en plus ! Mais quand même, tu râles beaucoup (un article entier sur le froid, un autre sur les problèmes postaux... en même temps je te comprends, la poste au Cambodge c’est n’importe quoi aussi et moi aussi j’attends ma carte de crédit avec impatience !)
J’aime bien la petite bande dessinée, elle est sympa... je me sens proche du gars (et 0 riel, ça fait combien en dollard ?)
J’ai lu ton article aussi sur le camp de concentration, tu en avais parlé sur mon blog. Je ne sais pas si prendre des photos de l’intérieur est vulgaire, tu ne l’as pas fait (je peux comprendre ce point de vue) mais moi si, pour les gens qui ne pourront jamais faire le déplacement. En tout cas je suis tout à fait d’accord lorsque tu parles de la neutralité du paysage qui tranche avec les horreurs qui ont eu lieu. Ça m’a fait le même effet à Tuol Sleng ; une prison (qui ressemblait plus à un camp d’extermination en fait) qui a été implantée dans une ancienne université, c’est pour le moins incongru : on y imagine des étudiants, des flirts entre les filles et les garçons, des projets d’avenir, tout plein de gens qui cultivent leurs soucis personnels... et non pas des souffrances et une mort assurée.
Enfin ! prends soin de toi avec ton super bonnet, ne tombe pas malade, et j’espère que tes soucis d’argent vont se régler très vite (comme les miens, j’espère !)
Bisous la femme de l’Est !
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